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S-21, la machine de mort khmère rouge (2002) |
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Réalisateur : Rithy Panh Fiche technique: ici SYNOPSIS Un homme, assis, Houy.
Sa femme, avec un bébé. Son aîné joue. Nath, lui, est artiste-peintre. Il
retrouve devant un immeuble le vieux mécanicien Mey. Celui-ci peut à peine
parler, pleure même. Longuement torturé, toute sa famille massacrée, il a
fini par avouer n'importe quoi à ses bourreaux, signant sans les connaître
l'arrêt de mort de dizaines de personnes. La victime se sent coupable d'avoir
survécu. C'était il y a un quart de siècle, dans ces bâtiments. Les
"Khmers rouges" appelaient "S 21" ce centre
d'extermination, en plein cœur de Phnom Penh. Près de 17 000 victimes y
moururent après avoir été systématiquement suppliciées, entre 1975 et 1979.
Dès 1980, c'est devenu un musée, Tuol Sleng, en hommage aux victimes du génocide. Nath et Mey
en sont deux des rares survivants. Houy, lui, était
l'un des bourreaux. Le malaise qui s'installe dès la vision de Houy, comme étranger chez lui, et se plaignant de maux de
têtes permanents, ne nous quittera plus. S. 21 est plus qu'un terrible
document sur le délire criminel des "Khmers rouges". Comme, par les
mots, l'immense écrivain survivant d'Auschwitz, Rithy
Panh (lui-même rescapé des camps Khmers), par
l'image, dit l'indicible. Devant Nath, devant nous, des bourreaux, gênés mais
sans remords, Houy, Khân, Thi, et ce
"médecin", Thim, qui remettait les
victimes en état d'être encore torturées : 30 ans après Auschwitz, le
Cambodge connut le pire régime de terreur et de destruction de l'homme de la
deuxième moitié du siècle. L'extraordinaire dignité de Nath, qui peint et
repeint ce que sa mémoire a gardé de S 21, ne peut nous (lui ?) faire
comprendre comment la construction la plus tragiquement folle qui fut jamais,
put être relayée par tant d'exécutants et complices. Déshumaniser,
exterminer, deux millions de morts, le quart de la population massacré dans
les centres de torture ou les camps dits "de travail" en quatre
ans. Houy et les autres obéissaient (aveuglément ?
avec plaisir ?) à l'"Angkar", l'autorité
suprême invisible. Le moment le plus sidérant (et presque insoutenable) est
celui où Poeuv, le gardien, refait ses gestes,
hurlements, sévices d'alors, dans les locaux vides, laissés en l'état. Rien
n'est "montré", tout est dit. Et lorsque défilent sur l'écran les
portraits des victimes exposés sur les lieux de leur martyre, on ne comprend
toujours pas. Mais on ne pourra plus oublier. |